Les pêcheries et l’aquaculture soutenues par la communauté : un modèle aux potentialités multiples (partie 1/3)

gabriel-31
Share on facebook
Share on google
Share on twitter
Share on linkedin
Share on email

Par Gabriel Bourgault-Faucher

Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC)

Quelles sont les avenues possibles de diversification du modèle des pêches et de l’aquaculture au QuébecComment ce secteur pourrait-il contribuer davantage à nourrir les gens d’ici ? Par quels moyens peut-on mieux arrimer cette activité économique aux réalités et besoins des milieux ? Après avoir fait un tour d’horizon des politiques publiques visant la durabilité écologique et l’autonomie alimentaire, nous présentons ici une série de fiches explorant une voie susceptible d’améliorer le modèle actuel. Cette voie est celle des pêcheries et de l’aquaculture soutenues par la communauté (PASC). 

Les PASC s’inspirent de l’agriculture soutenue par la communauté (ASC)qui est un mode de commercialisation des produits agroalimentaires privilégiant les circuits courts. Prenant bien souvent la forme de paniers maraîchers ou de colis de viande, elle connait un essor remarquable au Québec et ailleurs dans le monde. Devant une telle popularité, il n’est pas surprenant que cette formule ait fait des petits dans l’univers des produits aquatiques, avec les PASC. Le fonctionnement étant similaire, des consommateurs achètent en début de saison une part des captures d’un pêcheur ou de la production d’un aquaculteur. Celui-ci s’engage en retour à livrer des colis de poissons et fruits de mer, généralement en un point de collecte, sur une base régulière établie au préalable. Les PASC reposent en ce sens sur le partage des risques 1.

Malgré tout le potentiel que représente une telle formule pour le secteur des pêches et de l’aquaculture commerciales au Québec, il n’existe aucune initiative du genre à l’heure actuelle. La présente fiche propose de mettre en lumière les PASC à l’aide d’études sur le sujet, avant d’explorer quelques avenues pour le développement de ce modèle au Québec. Nous commencerons pour cela par effectuer un bref historique des PASC dans le monde et par présenter la diversité des formules possibles.

L’émergence des PASC en Amérique du Nord et dans le monde 

L’idée de créer une PASC apparaît au milieu des années 2000 et mène à la réalisation d’une étude de marché puis d’un projet pilote, en 2006, dans le comté de Carteret en Caroline du Nord. Faute d’inscriptions, l’initiative n’est pas pleinement concluante, au point de ne pas être reconduite l’année suivante. Le projet fait toutefois des vagues puisqu’il incite les pêcheurs de la Mid-Coast Fishermen’s Cooperative, basée à Port Clyde dans le Maine, à démarrer officiellement une première PASC en 2007 2. C’est ainsi que Port Clyde Fresh Catch voit le jour, autour de la commercialisation d’une seule espèce, la crevette nordique. Le projet se tourne par la suite vers d’autres espèces et connait un succès retentissant 3.

Depuis la fin des années 2000, plusieurs communautés de pêcheurs ont emboîté le pas aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, en Australie, en France et en Pologne 4. Au Canada, c’est en 2008 qu’une première PASC, Skipper Otto, est constituée, à Vancouver en Colombie-Britannique. Cette PASC regroupe aujourd’hui plus d’une vingtaine de pêcheurs et effectue des livraisons dans plus d’une soixantaine de points de collecte en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba et en Ontario. Deux autres PASC sont établies au Canada, soit Michelle Rose Community Supported Fishery, à Cowichan Bay en Colombie-Britannique et Afishionado Fishmongers, à Halifax en Nouvelle-Écosse. Les PASC ont donc le vent en poupe. En Amérique du Nord seulement, nous en dénombrons 59 en activité à ce jour, livrant leurs produits dans plus de 500 points de collecte.

Évolution du nombre de PASC en Amérique du Nord, de 2007 à 2021

Figure 1. Évolution du nombre de PASC en Amérique du Nord, de 2007 à 2021.

(Source : compilation de l’IRÉC 5)

L’éclosion fulgurante des PASC au cours de la dernière décennie s’explique certainement par la popularité et les succès de la formule ASC, déjà bien implantée en Amérique du Nord et dans le monde. Cette éclosion s’inscrit plus largement dans un mouvement de reterritorialisation des systèmes alimentaires et de remise en question du système alimentaire mondialisé 6.

Du côté des pêcheurs et des aquaculteurs, la formule PASC structure une voie pour soutenir les pêcheurs et aquaculteurs artisanaux et indépendants face aux vecteurs de consolidation et d’intégration de l’industrie des poissons et fruits de mer à l’échelle mondiale. C’est aussi un moyen de se prémunir contre la volatilité des prix et une trop grande dépendance à l’égard des canaux d’achat conventionnels et des marchés internationaux. C’est enfin un moyen de différencier leurs produits par rapport aux importations d’entrée de gamme, en mettant de l’avant leur caractère sain, local et durable 7.

Du côté des consommateurs, la formule PASC répond à l’émergence de pratiques de consommation plus responsables, notamment de mouvements pour une alimentation saine, locale et durable. Il s’agit également d’une solution à la faible – et parfois frauduleuse – traçabilité et identification des produits aquatiques au sein des longues chaînes d’approvisionnement. Enfin, la formule PASC permet de pallier le difficile accès aux poissons et fruits de mer frais, y compris dans des régions côtières, faute de commercialisation locale des produits 8.

Un réseau nord-américain de PASC

Les PASC n’ont pas perdu de temps pour s’organiser et se déployer à l’échelle nord-américaine. Dès 2011, elles ont fondé un réseau, nommé Local Catch Network, pour favoriser leur viabilité et accroître leur visibilité. Ayant son siège social à l’Université du Maine, ce réseau est composé de pêcheurs, d’aquaculteurs, de transformateurs, d’organismes sans but lucratif, de prestataires d’assistance technique, de gestionnaires, de décideurs et de chercheurs engagés dans le renforcement des systèmes alimentaires locaux et régionaux par le biais des PASC et de la commercialisation directe des produits aquatiques. 

En plus d’offrir toute une batterie de services 9ce réseau a adopté quelques lignes directrices pour définir les PASC et veiller à la cohérence du mouvement. Ainsi, les PASC sont définies selon les valeurs et les principes fondamentaux suivants :  
  • Des pêcheries communautaires ; 
  • Un accès équitable ; 
  • Un prix juste ; 
  • Une alimentation en phase avec le territoire et les saisons ; 
  • Une chaîne d’approvisionnement simple et transparente ; 
  • Des poissons et des fruits de mer capturés et manipulés avec soin ; 
  • Une gestion communautaire et écosystémique des pêcheries ; 
  • Un engagement à se soucier et à prendre soin de l’eau ; 
  • Un mouvement innovant et collaboratif 10. 

De prime abord, les PASC semblent donc dotés d’un tronc commun bien identifiable. Toutefois, les modèles sont en réalité très diversifiés, priorisant chacun à leur manière certains éléments plus que d’autres. 

Les PASC : des formules diversifiées et adaptées aux milieux

Malgré les valeurs et principes fondamentaux du Local Catch Networksoulignons que l’appellation PASC n’est pas réglementée actuellement. Cela signifie que l’adoption du terme PASC par une organisation demeure volontaire : il est du ressort de chaque initiative de s’identifier en tant que telle 11. Ce faisant, les PASC donnent lieu à des formes organisationnelles diverses. Il peut tout d’abord s’agir d’un ou de quelques pêcheurs ou aquaculteurs qui s’associent pour offrir des colis de produits aquatiques. Il peut aussi s’agir d’une organisation intermédiaire ou même d’un regroupement de consommateurs qui assure la mise en marché, la coordination des activités et, bien souvent, le transport et la logistique 12Quant aux structures juridiques retenues, il est fréquent de retrouver des coopératives de travailleurs ou des coopératives d’utilisateurs. Ces dernières permettent notamment d’impliquer les consommateurs dans la gouvernance de l’entreprise. Cela se traduit en une approche flexible et peu coûteuse. Les bénéfices excédentaires sont réinvestis dans l’entreprise ou partagés entre les membres, tandis que leur responsabilité demeure limitée 13

Les PASC sont structurées à partir d’un territoire. Les poissons et fruits de mer proviennent d’un lieu précis (communauté, zone de pêche, site d’élevage, aire géographique, etc.) et les activités de capture ou d’élevage s’effectuent de manière artisanale et durable. Entre autres, les engins de pêche à faible impact (passifs, comme les hameçons, les lignes et les casiers) sont privilégiés, afin de limiter la consommation de combustibles fossiles et d’autres effets environnementaux néfastes comme les prises accidentelles ou la destruction des fonds marins. Le plus souvent, l’offre est très diversifiée et varie avec les saisons. Dans de plus rares cas, des PASC sont créés autour d’une seule ou d’un nombre très limité d’espèces. Les produits sont soit vendus ronds (entiers), soit transformés (filets, chair, surgélation, séchage, fumage, mise en conserve, prêts-à-manger, etc.).

En ce qui a trait à la commercialisation, le principe premier est de raccourcir la chaîne d’approvisionnement, pour en venir à créer un circuit court avec, au plus, un intermédiaire. Il arrive ainsi qu’une organisation tierce (un transformateur, un transporteur, une poissonnerie, etc.) effectue des opérations de transformation ou gère le transport et la distribution, parfois sur des distances considérables 14. La livraison s’effectue pour sa part soit en un point de collecte, soit à domicile. De manière générale, les destinataires sont des consommateurs particuliers, bien qu’il arrive que des PASC approvisionnent des restaurants, y compris des services institutionnels (hôpitaux, écoles, garderies, etc.). La taille des PASC varie donc considérablement, pouvant passer de moins de 50 adhérents à plus de 1500 15. Enfin, les PASC ne sont que rarement le seul débouché commercial des pêcheurs, des aquaculteurs ou des organisations intermédiaires qui les portent. Ellesont en cela un mode de commercialisation parmi d’autres, qui vient compléter les activités et apporter plus de stabilité 16.

La diversité des modèles s’explique par les contextes locaux propres à chaque PASC. Les types de pêches (espèces pêchées, engins utilisés, etc.), les lois et réglementations en vigueur (quotas, saisons, lois encadrant la transformation et la commercialisation des produits aquatiques, etc.), les infrastructures disponibles (port, entrepôts, transport, etc.), le marché local (bassin de consommateurs, préférences alimentaires, pouvoir d’achat, degré de littératie alimentaire, etc.) sont autant d’éléments qui influencent la constitution des PASC et la manière dont elles s’enracinent dans leur milieu 17Pour cette raison, les PASC présentent des missions et des objectifs différents, ce qui se répercute en retour sur leurs pratiques, à commencer par les services qu’elles mettent en place. Certaines PASC sont de ce fait davantage tournées vers les pêcheurs et les aquaculteurs, c’est-à-dire vers l’amélioration de leurs revenus, la stabilité dans l’exercice de leur métier et le soutien aux petites entreprises artisanales et leurs communautés. De l’autre côté, certaines PASC sont plutôt tournées vers les consommateurs, sur la haute qualité des produits aquatiques offerts, sur la promotion et l’accès aux produits aquatiques sains, locaux et durables, ou encore sur l’éducation et la sensibilisation des consommateurs aux enjeux des pêches et de l’aquaculture commerciales 18.

Conclusion

Ce premier tour d’horizon des PASC nous permet de voir qu’il s’agit d’un phénomène relativement nouveau qui a rapidement pris de l’ampleur au cours de la dernière décennie. S’inspirant d’un modèle particulièrement efficace et à la notoriété croissante – celui de la formule ASC –, tout indique que les PASC continueront de croître au cours des prochaines années. Toutefois, même si cette formule suscite l’engouement un peu partout en Occident, elle demeure absente au QuébecN’y a-t-il pourtant pas là un chemin pertinent à emprunter pour améliorer le bilan peu reluisant du secteur des pêches et de l’aquaculture commerciales en matière d’autonomie alimentaire ? N’y a-t-il pas là une formule susceptible de contribuer à la revitalisation de certaines communautés côtières et à l’essor des pêcheries artisanales ? 

1- En payant d’avance, les consommateurs acceptent qu’il y ait des changements inattendus dans la composition des colis et que certaines semaines ceux-ci soient plus chétifs et d’autres plus garnis, selon les saisons, les périodes d’ouverture et de fermeture de certaines pêches ou encore les quotas. Les intempéries ou les problèmes mécaniques et techniques pouvant également compromettre les voyages de pêche, il est possible qu’il y ait des délais et des reports dans la livraison des colis (Brinson, A., Lee, M.-Y. et B. Rountree (2011). « Direct marketing strategies : The rise of community supported fishery programs », Marine Policy, vol. 35, [en ligne], p. 543).

 

2- Young Landis, B. (2010). « Community supported ingenuity », Coastwatch, Hiver, [en ligne].

 

3- Plus exactement, cette PASC abandonne la crevette nordique en raison d’un moratoire entré en vigueur aux États-Unis en 2014, à la suite de l’effondrement des stocks pour cause de surpêche et de réchauffement des eaux ayant causé la migration des populations vers le nord. NOAA (s.d.). Atlantic Northern Schrimp, [en ligne].

 

4- Au Royaume-Uni, un projet pilote nommé Catchbox, a été lancé en 2013. Après des résultats concluants, l’initiative a mené à la création de deux PASC dans les environs de Londres, soit Soleshare en 2014 et Faircatch en 2015. En Australie, une première PASC, Fair Fish, a été fondée en 2018 à Adélaïde en Australie-Méridionale. En France, ce sont les Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP) qui incluent peu à peu les poissons et fruits de mer dans leurs formules. Elles sont aujourd’hui plus d’une trentaine à proposer des produits aquatiques, parfois de manière exclusive. Elles se situent essentiellement dans les régions du Pays de la Loire et de la Nouvelle-Aquitaine (Pleine Mer (s.d.). Cartographie des circuits courts de la pêche artisanale, [en ligne]). En Pologne, un projet pilote impliquant exclusivement des aquaculteurs est en cours (Raftowicz, M., Kalisiak-Mędelska, M. et M. Struś (2021). « The Implementation of CSA Model in Aquaculture Management in Poland », Sustainability, vol. 13, no 3, [en ligne], p. 1-13).

 

5- Les données viennent de sources diverses et demeurent approximatives. Outre le fait qu’en 2007 il n’y avait qu’une seule PASC, nous savons qu’en 2012 il y en avait 26 et qu’en 2014 il y en avait 32. Ces données viennent respectivement de Witter, A. (2012). Local Seafood Movements and Seafood Sustainability in North America. A case study on a community supported fishery in Monterey, California, mémoire de maîtrise (sciences de l’environnement, politiques publiques et gestion ; programme Erasmus) sous la direction de Naoko Tojo et Jason Scorse, Université de l’Égée, Université de l’Europe centrale, Université de Lund et Université de Manchester, [en ligne], p. 23 et de Campbell, L. M., Boucquey, N., Stoll, J., Coppola, H. et M. D. Smith (2014). « From Vegetable Box to Seafood Cooler : Applying the Community-Supported Agriculture Model to Fisheries », Society and Natural Resources, vol. 27, no 1, [en ligne], p. 89. Quant aux données pour l’année 2021, elles proviennent du répertoire du Local Catch Network (Local Catch Network (s.d.). Seafood Finder, [en ligne]).

 

6- Stoll, J., Dubik, B. et L. M. Campbell (2015). « Local seafood : rethinking the direct marketing paradigm », Ecology and Society, vol. 20, no 2, [en ligne], p. 3.

 

7- Witter, A. (2012). Op. Cit., p. 56-57.

 

8- Witter, A. (2012). Op. Cit., p. 57-58.

 

9- Les services offerts par le Local Catch Network commencent par de l’assistance technique aux entreprises et aux communautés pour accéder aux informations et aux ressources dont elles ont besoin pour prospérer. Formations, ateliers, forums, webinaires et, chaque année, un sommet – le Local Seafood Summit – servent en cela à tisser des liens, transmettre des connaissances et partager les meilleures pratiques. Aussi, un accélérateur d’entreprises, nommé Scale Your Local Catch, est en voie de démarrer ses activités. Il cherchera à renforcer les connaissances, les compétences et les réseaux nécessaires aux entreprises afin qu’elles puissent améliorer leurs activités de commercialisation en circuit court. D’autre part, le réseau mène ou participe à des projets de recherche visant à mieux comprendre les retombées socioéconomiques et environnementales des systèmes alimentaires locaux et régionaux de produits aquatiques. Différentes ressources documentaires sont également mises à la disposition des membres pour appuyer le développement de leurs activités. Un site internet permet d’introduire les PASC au grand public et répertorie les initiatives existantes partout en Amérique du Nord.

 

10- Local Catch Network (s.d.). Core Values, [en ligne].

 

11- En ce sens, certaines PASC prônent l’adoption de critères et de normes pour délimiter clairement ce qu’est une PASC, afin d’éviter que les pratiques diffèrent trop et que des dérives surviennent, bref d’éviter que l’appellation PASC veuille dire tout et n’importe quoi (Bolton, A. E., Dubik, B., Stoll, J. et X. Basurto (2016). « Describing the diversity of community supported fishery programs in North America », Marine Policy, vol. 66, [en ligne], p. 21).

 

12- Bolton, A. E., Dubik, B., Stoll, J. et X. Basurto (2016). Op. Cit., p. 24-25 ; Cumming, G., Hunter-Thomson, K. et T. Young (2020). « Local food 2.0 : How do regional, intermediated, food value chains affect stakeholder learning ? A case study of a community-supported fishery (CSF) program », Journal of Environmental Studies and Sciences, vol. 10, no 1, [en ligne], p. 68.

 

13- Giorgi, S., Herren, S., et G. King (2013). Community Supported Fisheries (CSFs) : Exploring the potential of CSFs through Catchbox, Brook Lyndhurst et DEFRA, [en ligne], p. 11.

 

14- Par exemple, la PASC Sitka Salmon Shares regroupe des pêcheurs d’Alaska et livre ses produits à des consommateurs dans le Midwest, principalement à Chicago ; la PASC Skipper Otto regroupe des pêcheurs de Colombie-Britannique et livre ses colis jusqu’en Ontario. Dans les deux cas, les produits parcourent plus de 4000 km de distance.

 

15- Witter, A. et J. Stoll (2017). « Participation and resistance : Alternative seafood marketing in a neoliberal era », Marine Policy, vol. 80, [en ligne], p. 135.

 

16- Bolton, A. E., Dubik, B., Stoll, J. et X. Basurto (2016). Op. Cit., p. 24-26.

 

17- Bolton, A. E., Dubik, B., Stoll, J. et X. Basurto (2016). Op. Cit., p. 26 ; Witter, A. (2012). Op. Cit., p. v.

 

18- Bolton, A. E., Dubik, B., Stoll, J. et X. Basurto (2016). Op. Cit., p. 26-28.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *